Fautque t' en trouv' un vrai qui t'enlĂšve. Faut que je m'en aille. Faut que je m'en aille. Pourquoi j'peux pas te dire bye bye. T'aurais pas dĂ» partir tout c' temps. M' laisser tout seul aussi longtemps. Sans mĂȘme un regard pour mes larmes. J' me dis qu' c'est Ă  moi maintenant. Vu qu' j'ai jamais su l' faire avant. Rohff(Housni Mkouboi ) Paroles de « Bijou »: [Couplet 1 - Rohff] / La brebis n'est pas galeuse, le loup est trop bus Deutsch English Español Français Hungarian Italiano Nederlands Polski PortuguĂȘs (Brasil) RomĂąnă Svenska TĂŒrkçe ΕλληΜÎčÎșÎŹ БългарсĐșĐž РуссĐșĐžĐč СрпсĐșĐž Ű§Ù„ŰčŰ±ŰšÙŠŰ© ÙŰ§Ű±ŰłÛŒ æ—„æœŹ Écoutemoi, Ă©coute-moi je ne me retournerai pas (ayayaa) Ne doute pas, ne crois pas, qu'entre nous ça s'arrangera (non non non) Ne mens pas, ne mens pas j'ai vu qu'je n'Ă©tais pas la seule depuis un moment. Ne me retiens pas, faut que je m'en aille, celle qui prend la porte. Et ça me prend la tĂȘte de devoir te faire souffrir. Audiscours direct, les paroles des personnages sont rapportĂ©es telles qu’elles sont prononcĂ©es. Vrai. Faux. 2. Au discours direct, on peut avoir (plusieurs rĂ©ponses sont possibles) : des guillemets et des tirets ;des marques de 1re et 2e personnes dans les paroles rapportĂ©es ; des exclamations, des interjections, des expressions familiĂšres. Artiste Graeme Allwright - Titre: Il faut que je m'en aille Paroles & Traduction: - Il faut que je m'en aille Ci-dessous, vous trouverez les paroles avec la traduction affichĂ©es cĂŽte Ă  cĂŽte! Sur notre site web, vous trouverez de nombreuses autres paroles avec les traductions de !Consultez nos archives et les autres paroles, par exemple cliquez sur la lettre G de et voyez quelles ROMÉO - Ah ! Juliette, si ta joie est Ă  son comble comme la mienne, et si, plus habile que moi, tu peux la peindre, alors parfume de ton haleine l'air qui nous entoure, et que la riche musique de ta voix exprime le bonheur idĂ©al que nous fait ressentir Ă  Ya pas de doute lĂ  Faut qu’je bouge Toujours Ă  la mĂȘme heure Quand le soleil se couche Ça m’arrive quand j’ai le cafard MĂȘme quand tout va bien mivy. Afficher plus d'infos Rectangle 79 Group 28 TonalitĂ© identique Ă  l'original Do Lire le karaokĂ© de Il faut que je m'en aille Les Retrouvailles TĂ©lĂ©charger KaraFun Enregistrez votre voix afin de trouver les chansons parfaites pour vous ! Paroles de Il faut que je m'en aille Corrigez les paroles erronĂ©es Toute reproduction interdite rendu cĂ©lĂšbre par Graeme Allwright Auteur-Compositeur Graeme Allwright Cet enregistrement est une reprise de Il faut que je m'en aille rendu cĂ©lĂšbre par Graeme Allwright icn Comment black Discuter de Il faut que je m'en aille Les Retrouvailles Vous aimerez peut-ĂȘtre... Vous ne trouvez pas le titre recherchĂ© ? Ajoutez le Ă  la liste des suggestions pour avoir une chance de le chanter sur KaraFun ! Ajouter une suggestion Paroles de la chanson Faut Que Je M'en Aille par Keen'V x2 Faut que j'm'en aille, me r'tient pas je t 'en pris. Les souvenirs m 'assaillent, mais cela Ă  quel prix? J Ă©tais pas de taille, le temps me l'a appris. J'abandonne la bataille et compte bien vivre ma vie. J 'ai versĂ© tant de larmes que je ne peux mĂȘme plus les compter Toutes nos discutions n'auront pas eux l’effet escomptĂ© L'amour que je te porte, je ne voulais pas le partager Mais toi la vie a deux tu n'pouvais pas l'envisager Je me sens meurtrie, je me sens trahie Pourtant j'aurais tout fait pour toi x2 On s'est pas compris. Je te voulais oui, mais je n'te voulais que pour moi . x1 Faut que j'm'en aille, me r'tient pas je t 'en pris. Les souvenirs m 'assaillent, mais cela Ă  quel prix? J Ă©tais pas de taille, le temps me l'a appris. J'abandonne la bataille et compte bien vivre ma vie. Faut que j'm'en aille. Peut ĂȘtre qu'si tu avais su ĂȘtre honnĂȘte, Nous deux ça auraient pu ĂȘtre une relation parfaite. Au lieu de ça tu t’égares tu me trompes sans crie Ă©gard Et tu ne reviens me voir que lorsque tu broies du noir. MĂȘme si j avais donnĂ© ma vie ça n aurait pas suffit A t'faire oublier ces filles maintenant c'est ton choix j'peux pas m'infliger ça je n'le supporterais pas comprend moi c'est pour toi . x2 Faut que j'm'en aille, me r'tient pas je t 'en pris. Les souvenirs m 'assaillent, mais cela Ă  quel prix? J Ă©tais pas de taille, le temps me l'a appris. J'abandonne la bataille et compte bien vivre ma vie. J'comprends pas, j'pensais pas qu'on en arriverait lĂ , me quitte pas fais pas çà je s'rais toujours lĂ  pour toi, toutes ces filles dans mon lit ce n'est pas c'que tu crois ce ne sont que des amies, tu sais bien que je n'aime que toi, de toi je ne peux me passer, j'veux pas que tu me fasses ressurgir mon passĂ© les Ă©vĂšnements m'ont dĂ©passĂ©, ils voulaient surtout pas de t'blesser, laisse moi la chance de te prouver que pour toi je pourrais changer. Je ne suis qu'un homme j'suis dĂ©solĂ©, dĂ©solĂ©, dĂ©solĂ©, Ă©,éééé Faut que j'm'en aille, m'en aille, m'en aille... Faut que j'm'en aille, me r'tient pas je t 'en pris. Les souvenirs m 'assaillent, mais cela Ă  quel prix? J Ă©tais pas de taille, le temps me l'a appris. J'abandonne la bataille et compte bien vivre ma vie. -1- Une des roues de bois rebondit sur une pierre, ce qui me sortit de cette longue somnolence. Le chariot finit par s’arrĂȘter. J’étais Ă  Oloriel. Chauffeur À bientĂŽt, jeune demoiselle ! » Je saluais l’homme en m’éloignant de son attelage. EllĂ©bore Au revoir ! » AprĂšs quelques pas dans la ville des grands moulins, je finis par soupirer. J’aurais aimĂ© me reposer plus longtemps, je n’ai eu qu’un jour pour me remettre de ce qui s’est passĂ© Ă  Gorwel
 Pour que mon anĂ©mie passe inaperçue, je m’étais habillĂ©e aussi coquettement que possible. Je devais faire bonne impression au client. NĂ©anmoins, en tant que dĂ©tective dĂ©butante, je me dois d’ĂȘtre la premiĂšre Ă  rĂ©pondre Ă  l’annonce. En effet, mon pĂšre Ă©tait venu me prĂ©venir tĂŽt dans la matinĂ©e qu’il avait vu sur le panneau d’affichage une demande peu explicite, qui laissait malgrĂ© tout penser qu’il Ă©tait question d’une disparition. Je passais ensuite devant un certain bĂątiment, en soupirant. Si seulement mon pĂšre ne m’avait pas prĂ©parĂ© de casse-croĂ»te, j’aurais eu un prĂ©texte en or pour y aller
 Je traĂźnais ensuite les pieds, avant de me ressaisir. Bon, haut les cƓurs ! Je reprends enfin du service aujourd’hui ! J’avançais au milieu de la foule. Nous Ă©tions dĂ©jĂ  dans l’aprĂšs-midi, et le chef-lieu du comtĂ© grouillait de monde. Depuis quelques secondes, sans que je ne m’en rende compte, mon regard suivait une seule de ces personnes. Il fallait bien dire que ses longs cheveux rouges violacĂ©s, ses lĂšvres d’un bordeaux intense, et son style vestimentaire provoquant ne passaient pas inaperçu. Mais cette femme
 ! Je m’arrĂȘtais, stupĂ©faite de tomber sur elle. Je l’avais dĂ©jĂ  vue. Que ce soit en vrai ou sur des avis de recherche. C’était elle. C’était elle qui avait infligĂ© ça Ă  Eilwen. Elle qui s’en Ă©tait prise Ă  LucĂ©ard. 
Alaia
 J’avais gravĂ© le nom de chacun d’eux dans mon esprit. Et tout particuliĂšrement le sien. La jeune femme marchait dans la rue, l’air mauvais. Elle ne m’avait heureusement pas vu, bien qu’il y avait fort Ă  parier qu’elle ne se souvienne pas de moi. Cependant, les espers Ă©taient rĂ©putĂ©s pour dĂ©montrer une intelligence hors du commun. La prudence Ă©tait de rigueur. Car oui, je comptais bien la prendre en filature, et c’est ce que je fis. Elle continuait son chemin vers le sud-ouest, en empruntant des ruelles de moins en moins frĂ©quentĂ©es. Selon mon plan, on pouvait sortir des fortifications en poursuivant dans cette direction. Vu la faible affluence, cette porte sud-ouest de la ville devait ĂȘtre rarement traversĂ©e, et donc peu surveillĂ©e. Autrement dit, elle comptait quitter la ville discrĂštement, ce qui est prĂ©fĂ©rable d’ailleurs quand on est recherchĂ© par la garde ducale. J’aurais bien des questions Ă  lui poser, mais je n’ai ni l’envie de lui parler, ni mĂȘme l’envie de m’attirer des ennuis. Pour l’avoir vue Ă  l’Ɠuvre, je savais d’avance que je ne faisais pas le poids. C’est peut-ĂȘtre une occasion en or, mais je ne dois pas prendre de risque. Si elle s’en prend Ă  moi, je n’ai pas la moindre chance. Enfant Oh, pardon m’dame ! » Mon attention se tourna vers ce garçon d’une dizaine d’annĂ©es qui chahutait avec ses amis jusqu’à ce qu’il ne heurte Alaia par mĂ©garde. Nous Ă©tions arrivĂ©es sur une petite place excentrĂ©e. Il n’y avait que de petits commerces et des habitations serrĂ©es les unes contre les autres. Au bout du chemin se trouvait un moulin surplombant les fortifications locales. En dessous de celui-ci se trouvait la grande porte qui menait aux vastes Ă©tendues agricoles du comtĂ© d’Oloriel. Alaia DĂ©gage, morveux ! » AssĂ©na t-elle d’un ton courroucĂ©. Les amis de l’enfant en question, ainsi que lui-mĂȘme, reculĂšrent, abasourdis par la violence du regard de la jeune femme. MĂšre Mais qu’est-ce qu’y vous prend de parler comme ça Ă  nos bambins, ma bonne dame ?! » Quelques mĂšres de famille discutaient Ă  l’ombre jusqu’à ce qu’une d’entre elles ne s’approche du centre de la place. La dizaine de citoyens prĂ©sents se tournaient vers cet Ă©clat de voix. FrustrĂ©e, Alaia dĂ©tourna le regard, et reprit sa route. Les mains sur les hanches, la dame potelĂ©e qui venait d’intervenir la regardait faire. MĂšre C’est ça, partez donc ! » Pensant que nous venions d’éviter un incident plus grave, je m’apprĂȘtais Ă  souffler de soulagement, jusqu’à ce que sous mes yeux, un vase apparut. Il fendit Ă  travers l’air Ă  toute vitesse en direction de la mĂšre. Le projectile Ă©clata contre son Ă©paule, et entraĂźna la femme au sol. Ce fut aussi soudain que violent. Enfant Maman ! » Les quelques badauds se rapprochĂšrent, sans comprendre ce qui avait pu se passer. La sbire de Musmak attendit quelques secondes avant de s’arrĂȘter, et se tourna vers l’attroupement, avant de rire Ă  gorge dĂ©ployĂ©e. Alaia C’est pas de chance ! » Elle repartit aussitĂŽt. Homme Je vous ai vu ! » Un homme d’une cinquantaine d’annĂ©es la retint d’un cri. Homme Qu’avez-vous fait ?! » De nouveau Ă  l’arrĂȘt, Alaia haussa les Ă©paules. Plusieurs des habitants avaient vu le pot lĂ©viter avant d’ĂȘtre projetĂ©. Ils avaient tout de suite associĂ© ce phĂ©nomĂšne Ă  l’attitude Ă©trange de la jeune femme. Alaia Vous n’avez rien vu, alors barrez-vous ! » Pour une fugitive, elle se fait beaucoup trop remarquer. Homme Ne croyez pas vous en tirer Ă  si bon compte. » Cet individu tout Ă  fait banal s’avançait lentement. Une aura poreuse Ă©manait de lui. Je n’eus pas le rĂ©flexe de partir la premiĂšre pour prĂ©venir la garde. Je ne parvenais pas Ă  quitter la scĂšne des yeux. Homme Je n’ai pas le droit d’utiliser mon pouvoir en ville, mais je suis sĂ»r que les circonstances valent bien une exception. » Il prit ensuite une posture de combat. C’était d’autant plus impressionnant considĂ©rant que le mage en question avait l’apparence d’un marchand en fin de carriĂšre. Le visage totalement dĂ©tendu, Alaia le fixait avec un mĂ©pris profond, puis sourit en coin. Alaia Tu m’as l’air bien sĂ»r de toi, vieux dĂ©chet. » Je m’approchais, prĂȘte Ă  intervenir Ă  tout moment. Une partie de moi s’était reposĂ©e sur cet homme, mais n’était-ce pas imprudent ? Ce dernier fit un pas en avant, contre sa volontĂ©. Pris au dĂ©pourvu par les mouvements involontaires de son corps, il laissa son aura s’évanouir dans les airs. Homme Qu’est-ce qui m’arrive
 ? » Il mit un genou au sol, sous le regard effrayĂ© des habitants. Puis le second, et il ne put que pallier son manque d’équilibre en apposant les deux mains devant lui. Il restait ainsi bloquĂ© dans cette position. Alaia Et maintenant, tu t’agenouilles devant moi. Si c’est pas pathĂ©tique ! » D’expĂ©rience, j’aurais dĂ» savoir qu’en combat singulier, personne de normal ne faisait le poids contre elle. NĂ©anmoins, je ne m’étais toujours pas dĂ©cidĂ©e Ă  agir. Mon corps semblait subir un traumatisme encore rĂ©cent qui l’aurait volontiers poussĂ© Ă  fuir. Homme Ah
 Aaaaaah !!! » Son bras commençait Ă  pivoter sans qu’il ne puisse rien y faire. Rapidement, il atteint sa limite. Alaia Ă©tait concentrĂ©e sur le chĂątiment qu’elle lui infligeait. Ses yeux ne quittaient pas le bras du pauvre homme au sol. Homme P-par pitiĂ©, arrĂȘtez ! » La peur panique de ne plus ĂȘtre maĂźtre de ses mouvements avait embrumĂ© l’esprit de ce pauvre citoyen en quelques secondes seulement. Il implorait hĂątivement dans l’espoir que tout cela s’arrĂȘte aussitĂŽt. Alaia Oh non. Tu l’as bien mĂ©ritĂ©, espĂšce de crĂ©tin arrogant ! » Homme Aaaaaaaaahh !!!! » Ses cris Ă©taient douloureux pour tous ceux qui l’entendaient, et ceux qui n’en restaient pas pĂ©trifiĂ©s s’enfuirent aussitĂŽt. Les mĂšres et les enfants rentrĂšrent chez eux plutĂŽt que de quitter la place, par un bien triste rĂ©flexe. Ses hurlements n’ameutĂšrent personne, et l’on ne pouvait manifestement pas se fier aux habitants terrorisĂ©s sur cette place. À ce rythme lĂ , on ne pouvait plus ĂȘtre sĂ»r que la garde rappliquerait. EllĂ©bore Haaah, pourquoi ça doit se passer comme ça ?! Crochenwaith Summon !! » Mettant fin Ă  ce dilemme qui me tiraillait, je levais la main devant moi, et fis apparaĂźtre un simple bol que je lui lançais aussitĂŽt, espĂ©rant pouvoir lui faire perdre son emprise psychique. La poterie se brisa Ă  ses pieds. Et bien que ce jet fĂ»t un Ă©chec, il avait rĂ©ussi Ă  attirer l’attention de ce danger public. Elle se tournait vers la fille Ă  quelques mĂštres d’elle, et lui montra un regard assassin. Alaia C’est toi qui a fait ça ?! » J’essayais de faire bonne figure, mais je savais trĂšs bien ce qui dĂ©coulerait de mes actions. EllĂ©bore Vous tous, FUYEZ ! » Je fus la premiĂšre Ă  suivre mon conseil. Si elle se mettait en tĂȘte de s’occuper de moi avant les autres, je pouvais gagner du temps en attendant d’éventuels renforts. Mon dernier pas ne toucha pas le sol. Alaia OĂč est-ce que tu vas ? Je te trouve bien peu courageuse pour une peste qui joue Ă  l’hĂ©roĂŻne. » L’homme au sol n’avait toujours pas retrouvĂ© ses esprits, et levait pĂ©niblement la tĂȘte dans ma direction. J’étais paralysĂ©e. Pire que ça. Je pouvais faire des efforts, je pouvais forcer sur mes muscles, mais une autre conscience repoussait sans difficultĂ© toutes mes tentatives. J’étais non seulement immobile, mais j’étais surtout totalement impuissante. Et la simple sensation d’avoir son corps possĂ©dĂ© par l’esprit d’une autre Ă©tait fortement dĂ©sagrĂ©able. Je m’étais retrouvĂ© dans la situation que j’avais le plus redoutĂ©. En Ă©tant sous le contrĂŽle d’Alaia, j’avais perdu toute chance de pouvoir m’en sortir par moi-mĂȘme. J’étais totalement Ă  sa merci, et si elle l’avait voulu, j’aurais pu dĂ©jĂ  ĂȘtre morte. Ce simple constat Ă©tait suffisant pour terroriser n’importe quel ĂȘtre humain. Ma vie entiĂšre Ă©tait en sursis aussi longtemps que j’étais sous son emprise. Alaia J’ai rarement la chance d’avoir des victimes aussi faibles mentalement que toi. Tu n’es pas capable d’opposer la moindre rĂ©sistance ! » De voir que celle qui s’était interposĂ©e Ă©tait la plus insignifiante d’entre tous l’amusait, tout en l’énervant par la mĂȘme occasion. Elle levait sa main dont les ongles longs, couleur d’amarante, disparurent lentement dans sa poigne. Alaia Une sale mioche comme toi aurait dĂ» se tenir tranquille ! » Elle mordait son rouge Ă  lĂšvres pour exprimer sa frustration. Plus par sadisme que par courtoisie, elle me permettait d’ouvrir et de fermer la bouche. EllĂ©bore Allez-vous en ! Partez d’ici avant qu’elle ne s’en prenne Ă  vous, et appelez la garde locale ! » Ce cri avait suffit pour les faire fuir, non pas sans hĂ©sitation. Je regardais mes derniĂšres chances d’ĂȘtre secourue disparaĂźtre de ma vue. 
C’était la meilleure chose Ă  faire
 Mes jambes se soulevaient dans les airs. Alaia Un bol, hein
 ? » Elle me tournait face Ă  elle, sans que je ne puisse lutter. Je pouvais voir sa grimace haineuse s’éloigner de plus en plus. Alaia J’espĂšre que tu es prĂȘte Ă  finir comme ton stupide bol !! » Je sentais mon corps se compresser de toute part, respirer devenait difficile. Je m’élevais assez pour voir Ă  travers les fenĂȘtres des Ă©tages, puis discerner certains toits. Je ne pus que par dĂ©sespoir faire naĂźtre une flamme au bout de mes doigts. Mais aucun des Ă©lĂ©ments que je maĂźtrisais pouvait me sortir d’un aussi mauvais pas. Je sentais le vent souffler entre mes cheveux. J’étais quelques mĂštres en apesanteur. Alaia Si tu survis Ă  ça, tu te souviendras sĂ»rement oĂč est ta place, petite peste ! » Le mage encore au sol se relevait Ă  peine. Il savait d’instinct qu’interrompre Alaia serait fatal pour moi, et se contenta de rester spectateur. Je sens encore cette sensation
 C’est la mĂȘme que le jour oĂč j’ai Ă©veillĂ© ma magie
 Je m’étonnais d’ĂȘtre aussi lucide dans ma situation. Je n’arrivais pas Ă  penser Ă  ma mort, mais seulement Ă  mes alternatives. Selon ce qu’elle fait de moi, je vais y passer. Mais il doit bien y avoir un moyen de m’assurer qu’elle rĂ©agisse comme je l’espĂšre, et pour ça
 Je ne vois qu’une solution. Je pris une grande inspiration. EllĂ©bore LĂąche-moi !!! » Hurlai-je en me dĂ©battant Ă  l’aide des faibles mouvements qu’elle me permettait. Son hilaritĂ© retentit jusqu’à moi. Alaia Ah ! J’adore quand vous dites ça ! Vous ĂȘtes tous des idiots, et je vais vous rendre service ! » A huit mĂštres du sol, je sentis mon corps se dĂ©tendre. Homme Nooon ! » Je souris en coin. Alaia Ton vƓu est exaucĂ© ! Montre nous ton plus bel atterrissage, maintenant ! » La satisfaction sur son visage retomba lentement. J’atterris sur mes deux jambes assez violemment pour endommager la semelle de mes chaussures. Je me retrouvais accroupie, sous le regard bluffĂ© des deux personnes prĂ©sentes. Je me relevais lentement, le bas du corps engourdi par cette rĂ©ception douloureuse. L’onde de choc qui me parcourut de la tĂȘte au pied me sonna quelques instants, mais quand mon regard croisa Ă  nouveau le sien EllĂ©bore Pas mal, hein ? » DĂ©clarai-je, les genoux tremblants, le regard terrifiĂ©. J’avais usĂ© de mon contrĂŽle de la gravitĂ© pour rĂ©duire un minimum l’accĂ©lĂ©ration de ma chute, et j’avais renforcĂ© mes jambes pour qu’elles ne se brisent pas Ă  l’atterrissage. J’avais certes mal, mais je m’en sortais totalement indemne. -2- Et j’usais de ces jambes renforcĂ©es pour m’enfuir en profitant de l’effet de surprise. N’ayant aucune chance de quitter la place sans qu’elle ne m’interrompe, je fis un pari, et accourus dans la direction d’un petit magasin de spiritueux. Il Ă©tait malheureusement fermĂ©, mais une dizaine de fĂ»ts de bois Ă©taient empilĂ©s devant le petit trottoir, et d’un bond, je me cachais derriĂšre eux. Alaia Hein ?! Tu fais encore la maligne pour te carapater juste aprĂšs ?! Tu veux vraiment que j’te crĂšve, toi !! » Je pleurnichais en tenant mes pauvres pieds endoloris, assise derriĂšre les tonneaux. Alaia N’espĂšre pas t’en sortir, sale mioche ! » Un tonneau se soulevait au-dessus de ma tĂȘte. Ce qui Ă©tait plutĂŽt bon signe. C’est bien ce que je pensais. Elle ne peut pas prendre possession de mon corps si elle ne sait pas prĂ©cisĂ©ment oĂč je suis. Je m’imaginais dĂ©jĂ  m’enfuir avec un fĂ»t sur la tĂȘte, mais c’était aussi embarrassant que vouĂ© Ă  l’échec. Et puis, mes pieds dĂ©passeraient du fĂ»t quoi qu’il arrive. AdossĂ©e derriĂšre les tonneaux restants, je ne pouvais plus voir celui qui venait d’ĂȘtre soulevĂ©, mais je devinais qu’elle allait le jeter dans le tas. Je captais le regard du blessĂ© en espĂ©rant qu’il m’indique les intentions de mon adversaire. Il me faisait simplement signe de partir. Je lui rĂ©pondis par une moue. C’est vous qui devriez partir ! AprĂšs lui avoir fait signe de dĂ©guerpir Ă  mon tour, je lui montrais un pouce levĂ© et un sourire forcĂ© en espĂ©rant que ça suffirait Ă  le persuader. Peut-ĂȘtre Ă©tait-ce d’avoir vu l’air terrorisĂ© que cette derniĂšre expĂ©rience m’avait laissĂ© sur le visage, mais il ne partait pas. Il finit nĂ©anmoins par se tourner vers le projectile, c’était le signal que j’espĂ©rais. EllĂ©bore Enfuyez-vous, monsieur ! Maintenant ! Je vous en prie ! » DĂ©goĂ»tĂ© d’avoir Ă  cĂ©der Ă  ma requĂȘte, il fit s’embraser l’aura autour de lui, et fonça plus vite qu’un humain n’en Ă©tait capable. Son renforcement affectait manifestement tout son corps simultanĂ©ment, mais il n’avait rien de particuliĂšrement impressionnant. Il partait loin dans la ruelle, tout en sachant qu’il aurait pu profiter de la concentration d’Alaia pour tenter de la surprendre. Il avait aussi devinĂ© qu’en cas d’échec, je n’aurais probablement pas pu le sauver. Nous ne connaissions certainement pas l’étendue des pouvoirs d’Alaia, et mes faibles connaissances en matiĂšre de psychique me portait prĂ©judice. De mon cĂŽtĂ© je m’éloignais aussi vite que possible des fĂ»ts qui se soulevĂšrent les uns aprĂšs les autres. Hein ?! PlutĂŽt que de contrĂŽler chacun d’entre eux, elle les avait expĂ©diĂ©s dans tous les sens, Ă  mon grand Ă©tonnement. NĂ©anmoins, je profitais de la confusion pour tenter de fuir Ă  mon tour. Au bout de quelques pas, je dus reculer en plein Ă©lan pour Ă©viter l’une des barriques. Je bondis ensuite par-dessus une autre qui roulait au sol. Je pouvais remercier la magie pour m’avoir permise de l’enjamber. Alaia Allez, amuse-moi, guenon ! » Elle semblait prendre un malin plaisir Ă  me faire m’agiter de la sorte. Je pouvais au moins me consoler en me disant qu’elle avait totalement oubliĂ© l’autre homme. Alors que j’avais la prĂ©cieuse opportunitĂ© d’échapper Ă  sa vue en disparaissant derriĂšre la façade d’une maison, je rĂ©alisais le piĂšge qu’elle me tendait. Le premier tonneau qu’elle avait soulevĂ© explosa en heurtant le pan de mur Ă  quelques centimĂštres de moi, libĂ©rant les litres d’alcool qu’il contenait. Si j’avais fait un pas de plus, j’étais morte. J’avais rĂ©alisĂ© que le faux-espoir qu’elle me laissait Ă©tait un moyen de s’assurer de ma trajectoire. J’avais certes pu m’arrĂȘter Ă  temps, mais Ă  prĂ©sent, je ne pouvais plus bouger. Je n’étais qu’à deux pas d’ĂȘtre dans son angle mort, mais mon corps ne poursuivait plus mes efforts. La cruautĂ© de son stratagĂšme me laissait sans voix. Alaia Toi et ton petit sourire satisfait de tout Ă  l’heure, croyez-moi, vous allez regretter de vous ĂȘtre montrĂ©s ! » Dans l’instant d’aprĂšs, j’étais comme entraĂźnĂ©e par mon propre corps vers le centre de la place, oĂč je m’écrasai de tout mon long. Une chute Ă  cette vitesse s’avĂ©rait douloureux, mĂȘme si les pavĂ©s s’étaient lentement fait avaler par la poussiĂšre et la terre. Elle m’avait ramenĂ©e au cƓur de cet espace dĂ©gagĂ©, je n’étais qu’à quelques mĂštres d’elle, et je n’avais dĂ©jĂ  plus aucune chance de lui Ă©chapper. Deux fĂ»ts se levĂšrent de nouveau. J’étais encore sur mes coudes, et n’eus pas le temps de me trouver des idĂ©es claires. À la force augmentĂ©e de mes jambes, je bondis en espĂ©rant Ă©viter le premier tonneau, qui faucha malgrĂ© tout mes mollets. Je retombai au sol, avec de nouvelles blessures. DĂ©jĂ  tentĂ©e de jeter l’éponge, mon corps ralentit. Je ne peux rien faire contre cette femme
 Je n’ai pas la moindre habilitĂ© pour le combat
 Pas la moindre adresse
 Pas le moindre talent. L’autre tonneau se levait plus haut dans le ciel, espĂ©rant bĂ©nĂ©ficier de plus d’énergie cinĂ©tique que le prĂ©cĂ©dent. À la maigre force de mes bras, je me hissais une fois de plus, pour poser un pied au sol. Mais je ne suis pas
 Je ne suis pas une bonne Ă  rien
 ! Alaia VoilĂ  pour toi ! » Dans ce cri d’effort, elle fit plonger la barrique vers sa cible. Je fis apparaĂźtre un bouclier d’énergie au bout de ma main, qui n’eut que la prĂ©tention de dĂ©vier Ă  peine le projectile, pour me permettre de rendre possible mon esquive. La force du coup m’avait bousculĂ©e, mais j’étais toujours debout. J’étais plus prĂšs de mon adversaire que d’une Ă©chappatoire. La marche Ă  suivre Ă©tait limpide. EllĂ©bore Crochenwaith Summon ! » Un bol en cĂ©ramique dĂ©corĂ© de formes pointues apparut dans ma main. Il y avait mĂȘme un visage d’hĂ©risson sur l’avant. Qu’il est mignon ! Je ne pus guĂšre l’admirer plus d’une seconde, et le jetai sur Alaia avec tout ce que j’avais. Elle n’eut aucun mal Ă  Ă©viter, mais je pouvais au moins me satisfaire d’avoir bien visĂ©. Alaia Tu t’fous sĂ©rieusement de moi ?! » Elle Ă©tait en rogne, et le bol hĂ©risson Ă©tait brisĂ©. Depuis le dĂ©but, je n’avais rien fait qui aurait pu susciter une telle rĂ©action chez elle. C’était tout simplement la personne la plus colĂ©rique que je pouvais imaginer. Mon corps s’immobilisa. Cette fois-ci, j’avais l’impression qu’une main gĂ©ante et invisible me pressait fermement. Alaia Sale ordure !! Sale peste !! » Hurla t-elle en me soulevant de quelques centimĂštres avant de m’écraser au sol d’un coup sec, de me relever, et de me projeter encore une fois sur les pavĂ©s. Avant mĂȘme d’avoir pu rĂ©aliser, je m’envolais contre une paroi de pierre Ă  quelques mĂštres de lĂ  oĂč j’étais, et retombai Ă  terre, couverte de sang et d’hĂ©matomes. La douleur m’avait pĂ©trifiĂ©e. Ce sifflement sourd dans ma tĂȘte m’indiquait que je n’avais pas perdu conscience. Je me relevais pĂ©niblement. Sans ma magie de renforcement, j’étais vraiment cuite
 J’avais rĂ©ussi Ă  durcir Ă  peine mon corps pour qu’il encaisse chaque impact au bon endroit. Sans l’adrĂ©naline du moment, j’en aurais Ă©tĂ© incapable, tout comme j’aurais Ă©tĂ© incapable de me tenir debout. Je relevais mon visage haletant vers cette fautrice de trouble. Alaia Ah, c’est ça que je voulais voir ! De l’impuissance et de la terreur ! La seule expression qui te convient vraiment ! » Elle soulevait deux fĂ»ts au-dessus d’elle. Alaia Tu peux appeler au secours si ça te chante ! J’aurais largement le temps de m’occuper de ton cas avant que qui que ce soit arrive ! » Comment peut-elle en ĂȘtre aussi sĂ»re
 ? Cela ne fait que quelques minutes, mais la garde aurait dĂ©jĂ  dĂ» rappliquer, et ils arriveront sĂ»rement d’un instant Ă  l’autre
 Non
 ? Mon corps s’immobilisa, mettant un terme Ă  cette rĂ©flexion. Alaia Allez, Ă©vite ça ! » Hurla t-elle en pointant sa main vers moi. Non
 ! Homme Toi Ă©vite ça ! » La concentration de la jeune femme se brisa dĂšs qu’elle entendit la voix derriĂšre elle. Le mage de tout Ă  l’heure avait lancĂ© un tonneau de toutes ses forces, et celui-ci s’était arrĂȘtĂ© juste sous le nez d’Alaia. Elle avait stoppĂ© le projectile en plein vol, in extremis. Quand elle le dĂ©cala sur sa droite, la jeune femme rĂ©vĂ©la une grimace chargĂ©e de haine et de dĂ©goĂ»t. Alaia Encore toi ?!! » Elle lui renvoya instantanĂ©ment la barrique et immobilisa l’homme qui encaissa le choc de plein fouet. Alaia Toi
 !! Toi !! Je te jure !! Tu vas morfler !! » Elle le soulevait de deux bons mĂštres avant de l’expĂ©dier au sol, comme elle le faisait avec moi il y a de cela un instant. Elle Ă©tait cette fois-ci assez furieuse pour lĂ©viter malgrĂ© elle. Il opposait une certaine rĂ©sistance, et la force avec laquelle il s’écrasait Ă©tait moindre. NĂ©anmoins, il ne survivrait pas plus d’une minute Ă  ce rythme. Et moi, je dĂ©tournais le regard vers le chemin de fuite le plus proche, presque contre ma volontĂ©. Ce sera sĂ»rement ma seule chance de fuir
 Je gĂąchais de prĂ©cieux instants Ă  ne pas avancer. Si je m’évadais de cette place, j’étais libre. Si je partais, il n’y aurait sĂ»rement qu’une victime Ă  dĂ©plorer. Si je m’entĂȘtais Ă  rester, il y en aurait deux. Le calcul Ă©tait simple, mais le choix Ă©tait cornĂ©lien. Il aurait pourtant fallu que je me dĂ©barrasse de la peur qui m’accablait pour reconnaĂźtre qu’il n’y avait jamais eu qu’une seule dĂ©cision Ă  prendre dans ce cas-lĂ . Et une fois que je m’en fus aperçue, je n’eus pas d’autre choix que de faire face, grimaçant de rĂ©ticence. -3- Alaia Alors, ça fait quoi d’ĂȘtre le justicier du jour ?! Je vais t’écraser jusqu’à ce que t’y prennes goĂ»t, vieille larve ! Et ensuite, tu pourras assister Ă  la fin humiliante de la blondinette, et tu seras aux premiĂšres loges, crois-moi ! Parce qu’elle mourra de tes mains crasseuses ! » L’esper s’agitait de plus en plus, tout comme sa chevelure. Elle continuait de malmener le pauvre homme. Il Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  bout. Homme Je n’en peux plus
 ArrĂȘtez
 » Supplia-t-il, faiblement. Alaia C’est pas toi qui dĂ©cide, pourriture ! » EllĂ©bore Ça suffit ! » Son point faible Ă©tait Ă©vident. Plus elle puisait dans ses pouvoirs, plus cela lui demandait de la concentration. Elle n’avait pas pu voir la jeune fille qui fonçait vers elle, en faisant rouler un fĂ»t au bout de ses mains. EllĂ©bore Prends ça ! » M’exclamai-je avant de trĂ©bucher. Alaia vit le tonneau rouler lentement jusqu’à ses pieds, qui lĂ©vitaient Ă  une dizaine de centimĂštres du sol. L’échec Ă©tait d’autant plus terrible qu’il avait lĂ©gĂšrement dĂ©viĂ©. Alaia 
 » Elle soupira, et laissa le mage retomber au sol, couvert de son sang. EllĂ©bore AĂŻe aĂŻe aĂŻe
 » Cette vision Ă©tait assez pathĂ©tique pour l’avoir provisoirement calmĂ©e. Alaia Mais comment t’as fait pour survivre jusqu’à aujourd’hui, toi
 ? » Sans bouger, elle inspecta de loin la demoiselle au sol, vaincue par sa propre maladresse. Alaia C’est peut-ĂȘtre dans l’intĂ©rĂȘt de tout le monde que je te tue. Mais d’abord, je vais briser les jambes de ce type. » Les cris affaiblis du citoyen ne portaient que jusqu’à mes oreilles. Je sentais que son corps allait lui aussi cĂ©der. C’était le moment. EllĂ©bore Je ne te laisserai pas faire. » Alaia s’interrompit encore aprĂšs avoir entendu ce qu’elle considĂ©rait comme un affront. Alaia Arrogante petite sotte, tu la ramĂšnes encore ?! Comme si tu savais faire plus que lancer des bols ! Et encore ! » Je levais la tĂȘte, ainsi que mon index au bout duquel brĂ»lait une petite flammĂšche. EllĂ©bore Je sais aussi faire ça ! » Mon adversaire avait, comme je l’espĂ©rais, l’esprit vif, et son premier rĂ©flexe fut de baisser les yeux aprĂšs mon annonce. DĂ©passant du bouchon du tonneau se trouvait un morceau de ma robe que j’avais prĂ©alablement dĂ©chirĂ©. Il avait dĂ©jĂ  bien brĂ»lĂ©, et le feu se propageait jusque dans le contenant. À savoir des litres d’alcool. Alaia Tu- » Une explosion l’interrompit, et elle disparut dans une trombe de flammes. Le nuage de fumĂ©e qui venait de s’élever dans le ciel suivait ce coup de tonnerre en pleine ville. Aussi peu animĂ© que fut ce quartier, la garde ne pouvait que rappliquer Ă  prĂ©sent. Mes cheveux furent soufflĂ©s par la dĂ©tonation. Je restais bĂ©ate devant ma propre Ɠuvre. Ne venais-je pas de tuer quelqu’un ? Je ne sentais pas la moindre fiertĂ©, et ma derniĂšre rĂ©plique n’avait eu que l’utilitĂ© de la prĂ©venir. HĂ©las, je ne lui avais pas laissĂ© beaucoup de temps pour s’éloigner, ce qui pouvait signifier le pire. Je ne discernais rien au milieu de la poussiĂšre, de la fumĂ©e, et des traĂźnĂ©es de flammes. Je dĂ©cidais de me tourner vers l’homme au sol qui n’avait pas Ă©tĂ© touchĂ©, ni par la dĂ©flagration, ni par les dĂ©bris. EllĂ©bore Monsieur, vous pouvez vous lever ? » Il ne rĂ©pondait hĂ©las plus. Je m’approchais plus prĂšs encore, en espĂ©rant dĂ©couvrir qu’il n’était qu’inconscient, mais, Ă  mon grand effroi, mon corps entier se figea. Celui qui venait de me sauver Ă©tait dans les pommes, et cette Ă©treinte terrifiante qui contenait mes mouvements annonçait le pire scĂ©nario possible. Alaia Toi
 » Cette vocifĂ©ration provenait de la fumĂ©e qui se dissipait. DĂ©coiffĂ©e, les vĂȘtements en lambeaux, et quelques traces de brĂ»lures sur la peau, Alaia Ă©tait encore debout. Alaia Toi
 ! » Les derniĂšres flammes furent balayĂ©es par un mystĂ©rieux champ de force qui s’étendait tout autour de l’esper. Le vent se levait autour de nous. Ce n’était pas une brise naturelle, mais l’incarnation du courroux de mon adversaire. Alaia Petite peste
 ! » Son regard s’illuminait d’un violet inquiĂ©tant. Ses cheveux dansaient autour de son visage dont la grimace Ă©tait plus prononcĂ©e que jamais. Alaia Crois-moi, tu vas le regretter amĂšrement ! » Quelque chose venait de lacĂ©rer les pavĂ©s au sol, comme une lame invisible, aiguisĂ©e Ă  l’extrĂȘme. La coupure Ă  travers la pierre Ă©tait nette comme si ça n’avait Ă©tĂ© que du beurre. Une autre de ces dĂ©chirures sembla agiter l’air autour de moi. Quelque chose de puissant Ă©tait en train de se libĂ©rer. Une force pressait sur mon corps avec tant de violence que j’en venais Ă  penser que mes os allaient cĂ©der. Sa main se levait lentement dans ma direction. Elle tendait la paume face Ă  moi, comme ce jour-lĂ . Je sentais quelque chose converger au plus profond de moi. ÉnormĂ©ment d’énergie. Elle allait l’utiliser contre moi, cette technique qui avait frappĂ© Eilwen. Le bout de ses doigts tremblaient. Elle semblait attendre le moment idĂ©al. EllĂ©bore Pas
 Pas ça
 » Alaia 
 » Elle Ă©tait totalement focalisĂ©e sur moi, et dans l’instant d’aprĂšs
 EllĂ©bore Apparais, ĂŽ Taupe-Dragon des profondeurs ! » Une motte de terre se souleva sous les pieds de mon ennemie, Ă  sa grande surprise. Elle s’envola quelques mĂštres en arriĂšre, et dut retrouver ses esprits face Ă  la menace imminente de la crĂ©ature fictive. Rien ne sortit de ce petit tas de terre. Je respirais pĂ©niblement, et me tenais la gorge. J’avais Ă©vitĂ© la tragĂ©die de trĂšs peu. Alaia rĂ©alisa le tour de passe-passe dĂ©cevant que j’avais utilisĂ©, mais ne s’énerva pas davantage. Elle mit la main sur sa bouche et rĂ©alisa que du sang coulait de son nez. Alaia Je n’y arrive toujours pas
 » Elle essuyait d’un revers de manche l’épais liquide rouge. Alaia Tant pis pour ça
 » Le vent retombait Ă  mesure qu’elle se calmait. Tout ce qui indiquait son Ă©tat de surpuissance s’évanouissait progressivement. -4- Mes genoux tremblaient. Je n’osais mĂȘme pas fuir. Pourtant, ce laps de temps m’aurait permis de sortir de son champ de vision. Mais l’horreur que m’avait instillĂ©e cette Ă©niĂšme entrave psychique me laissait pĂ©trifiĂ©e. Je dĂ©collais ensuite de quelques centimĂštres. Alaia soupirait. Alaia Ne te fais pas d’illusion. J’ai dit que tu allais le regretter. Et crois-moi, je ne partirai pas avant que tu te maudisses d’avoir vu le jour. » Je sentis mes deux bras se tordre. Coudes et poignets dans des directions contraires. Puis ce fut mes genoux et mes chevilles. Le mouvement Ă©tait suffisamment long pour m’épouvanter avant mĂȘme qu’il ne devienne douloureux. Sans forcer davantage, mes quatre membres Ă©taient poussĂ©s bien au-delĂ  de leur souplesse. EllĂ©bore Ah
 ! » La souffrance terrible et diffuse de cette attaque me laissait sans voix. Elle Ă©touffait mes cris, et bloquait ma respiration. Non, non
 Alors que je ne pouvais mĂȘme plus penser, mĂȘme plus rĂ©aliser que j’étais cette fois-ci dans une impasse, je sentais mes bras et mes jambes s’étendre. S’ils ne cĂ©daient pas Ă  la torsion qu’on leur infligeait, j’allais connaĂźtre la torture d’ĂȘtre Ă©cartelĂ©e. J’allais de toute façon faire l’expĂ©rience d’une douleur que les vivants ne connaissaient pas. J’avais tentĂ© l’impossible pour venir en aide Ă  ces gens, au mĂ©pris de ma propre vie. Si j’avais pu y penser, je me serais peut-ĂȘtre indignĂ©e d’avoir agi ainsi. J’avais des proches moi aussi, que je ne pouvais protĂ©ger qu’en Ă©tant vivante. Alaia Je briserai d’abord ton corps, pour que tu regrettes jusque dans ta chair de t’ĂȘtre opposĂ©e Ă  moi ! » Je n’étais pas Ă  portĂ©e magique de pouvoir faire quoi que ce soit. Je luttais si faiblement que je n’étais mĂȘme pas capable de retarder l’inĂ©vitable. Ma volontĂ© de vivre s’amenuisait, et je n’avais plus la force de trouver une Ă©chappatoire. J’étais dans une impasse. Je ne pouvais que serrer les dents en redoutant de voir mon corps se dĂ©truire, sans jamais guĂ©rir de ces sĂ©vices. Je consacrais mes derniers efforts pour ne pas pleurer, ne lui laissant pas cette ultime satisfaction. Je ne savais pas quel supplice allait avoir raison de moi le premier. Pardonnez-moi
 Alaia Et le coup de grĂące ! » Sur ce cri, elle prit une grande inspiration, puis
 Alaia Heu ? » L’air mauvais, elle fixa la main blanche sur son Ă©paule. Alaia C-c’est quoi cette horreur ?! » Je retombais au sol, vaincue psychologiquement. Le regard presque vide, je me rendais Ă  peine compte qu’elle n’avait pas pu aller jusqu’au bout. Je levais la tĂȘte faiblement en direction du cri. Une crĂ©ature, pareille Ă  un humain, dont la peau Ă©tait blĂȘme, translucide mĂȘme, se tenait juste devant Alaia. Elle ne disait pas un mot, sa bouche n’était qu’une large entaille dans cette chair ectoplasmique. Il y en avait une dizaine autour d’elles, inexpressifs. Cette matiĂšre visqueuse suintait de chacun de leurs pores. Alaia D-des goules ?! » La tĂ©lĂ©kinĂ©siste se tournait vers le son que produisait des chaussures en cuir le long des pavĂ©s. Alaia C’est toi qui les as ramenĂ©s ?! » Des flammes brĂ»laient ardemment, brillantes comme l’amĂ©thyste. Elles dansaient avec passion le long des bras du dernier arrivĂ©. ??? Tu peux te lever ? » 
 Cette voix ! La bienveillance dans ses mots m’avait rendu mes sens. Il se tenait Ă  cĂŽtĂ© de moi. EllĂ©bore 
S-semion
 ! » L’essence pourpre de son pouvoir s’amenuisait tandis qu’il attrapait la main que je lui tendais. Il me ramena debout contre lui, et fit face Ă  la jeune femme. Semion Allez, c’est fini EllĂ©bore. Tu es en sĂ©curitĂ©, maintenant. » Il posa dĂ©licatement une de ses mains sur ma tĂȘte. Ses flammes Ă©taient froides, mais ses paroles rĂ©chauffaient mon cƓur. Alaia LĂąchez-moi ! » Hurla t-elle, en produisant une nouvelle onde de choc psychique qui balaya quelques goules. D’autres continuaient de se lever. Elles naissaient du nĂ©ant, se distinguant progressivement du sol oĂč elles apparaissaient. Alaia C’est rĂ©pugnant ! » Elle s’envola hors de portĂ©e de ces crĂ©atures maudites. Semion Personne ne fera de mal Ă  cette charmante demoiselle. Alors tu ferais mieux de te rendre ! » Lui assĂ©na Semion avec une classe que je ne lui connaissais pas. Alaia Oh non ! Mais tu vas subir un chĂątiment bien pire que celui que je lui avais prĂ©vu! » Semion Bonne chance pour ça. » La garde locale arriva de toute part, arcs et arbalĂštes en main. On entendait de grands cris de ralliement. Ils Ă©taient enfin lĂ . Garde Ne la laissez pas s’échapper, et vous aurez la prime les gars ! » Les hommes en armure rĂ©pondirent par un cri de guerre. Gardes Oooooh !! » Alaia cracha au sol de dĂ©goĂ»t. Alaia N’allez pas croire que j’en resterai lĂ . Vous me reverrez, vous pouvez en ĂȘtre sĂ»rs ! » Enragea t-elle, avant de partir au loin, dĂ©viant les projectiles qui lui Ă©taient destinĂ©s. Officier de Garde Ne lui laissez aucun rĂ©pit ! On la suit jusqu’au bout ! » Les badauds s’amoncelaient rapidement. L’homme inconscient reçut les premiers soins au plus tĂŽt. Semion observait autour de lui les choses rentrer dans l’ordre. Il baissa ensuite les yeux. J’avais le visage collĂ© contre son torse, et je sanglotais silencieusement sans pouvoir m’arrĂȘter. Semion Tu as dĂ» avoir une de ses peurs, ma grande
 Mais ne t’en fais pas, c’est fini. Tout va bien ? » Je hochais la tĂȘte un coup, sans dĂ©coller mon visage de son gilet. Il ne pouvait rien obtenir de plus de ma part, dans l’état oĂč j’étais. Semion Il faut que nous pansions ces vilaines blessures tout de suite. Ensuite, je pourrais te payer une pĂątisserie si tu veux. Je connais une auberge dans le- » Je hochais la tĂȘte Ă  de multiples reprises, avec plus de vivacitĂ© que la fois d’avant, ce qui le rassura. Semion Ma pauvre EllĂ©bore, j’aurais prĂ©fĂ©rĂ© te revoir dans de meilleures circonstances. » 
 
 
 -5- LucĂ©ard EllĂ©bore Et voilĂ  d’oĂč viennent toutes ces blessures ! Et encore, elles ont eu pratiquement deux semaines pour cicatriser. Je m’en sors pas mal, je trouve. » Toute pimpante, elle conclut le rĂ©cit de sa mĂ©saventure. J’en restais coi. LucĂ©ard Alors, c’est Ă  cause d’Alaia
 C’est parce que tu as voulu m’aider Ă  trouver des informations sur elle que- » EllĂ©bore Temps mort, temps mort ! » Gesticulait-elle, pour m’empĂȘcher de me blĂąmer inutilement. Nous Ă©tions tous les deux dans la grande allĂ©e devant le palais de LucĂ©cie, chaudement habillĂ©s pour faire face au climat matinal de cet automne mourant. EllĂ©bore Tu n’es ni responsable, ni mĂȘme concernĂ© par ce qui est arrivĂ©. Et puis, je vais bien, maintenant. N’en parlons plus ! » Je me rĂ©signais rapidement, comprenant que le ton de la discussion n’était pas Ă  la culpabilitĂ©. LucĂ©ard D’accord, d’accord. » Je profitais d’un moment de silence pour digĂ©rer tout ce rĂ©cit. LucĂ©ard Quelle chance que Semion soit intervenu quand mĂȘme. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour il affronterait un sbire de Musmak avec une armĂ©e de goules. » C’est le moins qu’on puisse dire. LucĂ©ard Mais ça n’explique pas pourquoi tu Ă©tais absente il y a une semaine. » EllĂ©bore Ah
 Oui
 Eh bien, aprĂšs cette tribulation, je suis restĂ©e quelques jours chez monsieur Heraldos. » Elle rit jaune. C’était aussi une nouvelle surprenante. LucĂ©ard Ne me dis pas que tu es devenue sa disciple, toi aussi ? » EllĂ©bore Hm non, pas vraiment. Mais j’avais un peu besoin de sa sagesse, et lui de faire du mĂ©nage et du rangement dans sa maison. » Tu t’es faite exploitĂ©e pendant une semaine, en d’autres termes. AprĂšs cette dĂ©duction, je considĂ©rai un autre raisonnement. LucĂ©ard Vu que je reviens moi-mĂȘme d’un entraĂźnement avec le maĂźtre, ça signifie qu’on aurait presque pu se croiser. » Elle sourit Ă  cette remarque. LucĂ©ard Enfin, ton histoire est claire, mais ça n’explique toujours pas ce que tu fais ici. Qu’est-ce qui te pousse Ă  partir Ă  Port-VespĂšre avec nous ? » EllĂ©bore Ah, ça. C’est tout simple, l’enquĂȘte dont je te parlais m’a poussĂ©e Ă  aller dans ce duchĂ©. Pas spĂ©cialement Ă  Port-VespĂšre, cela dit. » LucĂ©ard Ton pĂšre te laisse vraiment aller Ă  l’autre bout du royaume ? » Elle me fit la moue. Son pĂšre avait tentĂ© de ne pas montrer ses rĂ©ticences, mais tout comme elle, il Ă©tait inquiet Ă  l’idĂ©e que sa prĂ©cieuse fille aille aussi loin. Elle n’était jamais sortie de ce duchĂ©, et allait devoir en traverser plusieurs pour atteindre celui qui se trouvait Ă  l’extrĂȘme Sud-Est de Deyrneille. EllĂ©bore Maintenant que j’y pense, j’en ai le cƓur qui bat la chamade ! Ce qui m’attend lĂ -bas est sĂ»rement la plus grande aventure de ma vie ! La demoiselle s’embrasait Ă  l’idĂ©e de tout ce qu’elle pouvait dĂ©couvrir. Ce sentiment grisant semblait rĂ©chauffer tout son corps. EllĂ©bore Oh, mais d’ailleurs. Pourquoi tu y vas, toi ? Et pourquoi LĂ©once t’accompagne ? » LucĂ©ard Eh bien, je vais voir ma famille de Port-VespĂšre pour un mois. C’est souvent ce qu’on fait en fin d’annĂ©e. Et LĂ©once m’accompagne parce que c’est officiellement mon garde du corps. » Elle hochait la tĂȘte, surprise. EllĂ©bore Woah, je dois dire que je ne m’attendais pas Ă  une raison aussi banale
 » Je me grattais la joue, en repensant Ă  mon autre objectif. LucĂ©ard C’est lĂ  la raison pour laquelle j’y vais, mais le maĂźtre m’a aussi confiĂ© une quĂȘte Ă  accomplir dans le cadre de mon entraĂźnement. » J’aperçus ensuite mon pĂšre sortir du grand hall, Ă  quelques dizaines de mĂštres. Nous allions une fois de plus nous dire au revoir. LucĂ©ard Bon, on aura le temps de se raconter tout ça en dĂ©tail pendant le trajet. MĂȘme si on y va en Cabalys, le trajet dure presque deux jours entiers. » Elle avait sans doute dĂ©jĂ  eu l’autorisation de PĂšre de nous accompagner pour l’aller, mais l’entendre de ma bouche semblait la rĂ©jouir malgrĂ© tout. EllĂ©bore Quelle chance d’ĂȘtre amie avec un prince ! EllĂ©bore Oh, j’y pense, c’est donc ça un Cabalys ? » S’étonna t-elle en indiquant le carrosse massif devant nous. Il Ă©tait recouvert de larges tissus aux couleurs violacĂ©es. Il fallait trois Ă  quatre jours pour rejoindre Port-VespĂšre depuis LucĂ©cie. Enfin, dans un carrosse commun. Mais ce qu’on appelait diligence cabalistique, ou Cabalys, Ă©tait bien plus rapide, et permettait de faire ce trajet en seulement deux jours. Une grande route avait Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©e pour exploiter tout le potentiel de ce vĂ©hicule qui pouvait parcourir plus de cent kilomĂštres en seulement deux heures. Un tel trajet Ă©tait Ă©videmment hors de prix, et ce parce qu’il fallait aussi payer les services d’un mage spĂ©cialisĂ©. Car oui, le secret des Cabalys rĂ©sidait bien Ă©videmment dans son attelage. Il ne s’agissait pas d’équidĂ©s, mais de statues d’argiles Ă  la forme chevaline. Une fois possĂ©dĂ©es par un esprit, ces montures prenaient vie, et pouvaient tracter un lourd chargement Ă  une vitesse remarquable. On appelait ces crĂ©atures des gwips. Inutile de dire qu’outre son aspect sinistre, ce moyen de transport Ă©tait trĂšs mal vu. Plus de la moitiĂ© de la population se mĂ©fiait de la magie, a fortiori de la magie noire dont l’existence n’enchantait pratiquement personne. Et bien entendu, un tel sortilĂšge devait se trouver dans cette catĂ©gorie. Ce moyen de transport Ă©tait un prĂ©texte de plus pour mĂ©dire sur les personnes aux pouvoirs, qu’on accusait bien souvent de recourir Ă  des forces dĂ©moniaques pour assouvir leurs desseins. En ce qui me concerne, je me fichais bien de ce qu’on pouvait en penser. C’était un gain de temps tel que je ne pouvais dĂ©jĂ  plus m’en passer. Un hennissement macabre fit sursauter la jeune fille. Elle regardait les inquiĂ©tantes lanternes s’agiter tout autour du carrosse. EllĂ©bore contemplait de prĂšs, et avec une certaine fascination, les mystĂ©rieuses Cabalys. Puis monta Ă  bord, et croisa le regard de LĂ©once. EllĂ©bore Bonjour ! Bien dormi ? » Elle avait beau s’ĂȘtre levĂ©e tĂŽt pour venir jusqu’au palais, elle semblait toujours moins bien rĂ©veillĂ©e que LĂ©once qui lui s’avĂ©rait ĂȘtre un matinal. LĂ©once TrĂšs bien, et vous ? » EllĂ©bore Nous sommes partis pour une longue route, alors tutoyons-nous, non ? » LĂ©once C’est bon pour moi. Content que tu proposes. » Mon pĂšre devait hĂ©las rester Ă  LucĂ©cie, dont il avait la responsabilitĂ©, mais descendrait Ă  son tour dans quelques semaines. Ce qui signifiait que nous Ă©tions au complet. -6- Quand le vĂ©hicule se mit en marche, la dĂ©tective s’étonna de ne pas entendre de sabots. EllĂ©bore Je ne pensais pas monter un jour dans une Cabalys. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, comment ça se fait qu’on appelle ces crĂ©atures des gwips ? Ils mĂ©riteraient un nom un peu plus effrayant ! » LĂ©once abondait dans son sens. Je devais ĂȘtre le seul Ă  penser que donner des noms effrayants n’était que rarement une bonne idĂ©e. LucĂ©ard C’est une contraction. Il s’agit de goules hippiques, donc de gwips. » Maintenant que ceci Ă©tait dit, cela semblait tomber sous le sens. EllĂ©bore Aah, mais bien sĂ»r ! » LucĂ©ard En parlant de goules, comment ça se fait que Semion en invoquait ? » EllĂ©bore Je lui ai demandĂ© parce que ça m’étonnait aussi. Eh bien, il ne veut pas renoncer Ă  la magie de la famille de sa femme, de ce qu’il m’a dit. Et ce pour plusieurs raisons. Les goules funestes sont pareils Ă  des morts vivants, mais ils ont leur propre corps et sont totalement dĂ©pourvus d’ñme et d’identitĂ©. Il trouvait ça plus Ă©thique que d’exploiter de pauvres dĂ©funts. » LĂ©once Je sais pas de quoi vous parlez, et je sais mĂȘme pas ce que c’est que des goules funestes, mais la logique se tient. » LucĂ©ard On parle de goules funestes par opposition Ă  d’autres crĂ©atures qui sont aussi considĂ©rĂ©es comme des goules. Mais seules celles dont nous parlons ont pour essence d’ĂȘtre des zombies factices. Cela dit, j’espĂšre qu’il ne s’en sert pas pour redynamiser la ville d’Absenoldeb
 » Je ris jaune. Au fond, s’il avait besoin de main d’Ɠuvre, il y avait fort Ă  parier qu’il ne s’en soit remis Ă  ces monstres. EllĂ©bore Je crois qu’elles s’alimentent de son Ă©nergie, et disparaissent aussitĂŽt qu’il cesse d’en utiliser, donc il n’y a pas lieu de s’inquiĂ©ter, n’est-ce-pas ? » LĂ©once Un peu, si. » Un soupçon de mĂ©lancolie se lisait dans les yeux de mon amie Ă  chaque fois qu’elle se souvenait de cette aprĂšs-midi Ă  Oloriel. Je tentais de deviner la source de sa morositĂ©. LucĂ©ard Et cette affaire alors ? Tu peux nous en parler plus en dĂ©tail ? » En tant que prince, j’avais d’innombrables moyens de faciliter son enquĂȘte, mĂȘme dans un duchĂ© Ă©loignĂ©. Mon aide pouvait lui faire gagner un temps prĂ©cieux. EllĂ©bore C’était une femme originaire du sud qui a placardĂ© l’annonce Ă  LucĂ©cie. » Le dĂ©but de sa phrase en disait long, et l’atmosphĂšre s’alourdit sensiblement. EllĂ©bore Elle venait de dĂ©mĂ©nager Ă  Oloriel, et la disparition de quelqu’un qu’elle connaissait l’intriguait beaucoup. HĂ©las, quand je suis arrivĂ© chez elle, elle Ă©tait dĂ©jĂ  morte
 » LĂ©once et moi fĂ»mes malgrĂ© tout surpris de l’entendre prononcer ces mots. Pourtant, cela expliquait beaucoup de choses. LucĂ©ard Est-ce que par hasard, ça n’aurait pas un rapport avec la lenteur de l’intervention de la garde locale ? » Elle hochait la tĂȘte, Ă©tonnĂ©e de ma perspicacitĂ©. EllĂ©bore C’est ce que je me suis dit aussi. Je n’ai pas de preuve Ă  proprement parler, mais il y a eu du remue-mĂ©nage dans Oloriel ce jour-lĂ , et Alaia semblait penser qu’elle avait du temps devant elle. » Cette affaire pourrait donc bel et bien avoir un rapport avec les Empereurs. EllĂ©bore Si je n’avais pas dĂ©couvert le corps, il aurait pu passer inaperçu un bon moment. Quand ils t’ont attaquĂ© pendant que tu Ă©tais dans le coma, ils avaient procĂ©dĂ© de la mĂȘme façon. C’est surtout ça qui m’a mis la puce Ă  l’oreille. » Je n’étais pas sĂ»r de saisir l’intĂ©rĂȘt de ce stratagĂšme, mais les propos d’Alaia qu’elle m’avait rapportĂ©s semblaient indiquer Musmak et son groupe comme des suspects potentiels. EllĂ©bore Quand j’ai prĂ©venu la garde que j’avais dĂ©couvert un corps, ils m’ont tout de suite considĂ©rĂ©e comme coupable Ă  cause de mes blessures. Heureusement, les gens du quartier oĂč j’ai affrontĂ© Alaia ont tĂ©moignĂ© en ma faveur, et j’ai mĂȘme pu faire quelques recherches sur le lieu du crime. » Tu en as vraiment bavĂ© ce jour-là
 EllĂ©bore Apparemment, le disparu en question Ă©tait quelqu’un d’important pour elle. Je pense que c’était une admiratrice, plutĂŽt qu’une amante. La personne qu’elle recherchait Ă©tait une cĂ©lĂ©britĂ© locale, et elle ne connaissait que son surnom. Elle a laissĂ© pleins de notes oĂč elle compilait les raisons qui la poussait Ă  penser qu’il n’était pas mort. » LucĂ©ard Et tu comptes poursuivre cette piste ? Je veux dire, quoi qu’il arrive, ta cliente ne pourra pas savoir le fin mot de l’histoire
 » EllĂ©bore Je sais bien
 Et je n’aurai aucune prime. Mais ce n’est plus vraiment la question. » Je croisais les bras, curieux de connaĂźtre ses motivations. EllĂ©bore Si elle a Ă©tĂ© assassinĂ©e par le groupe de Musmak, c’est probablement Ă  cause de ce qu’elle savait. Si ça se trouve, mon intuition est fausse sur toute la ligne, mais si ce disparu peut nous mener Ă  dĂ©couvrir quelque chose sur eux, ça peut changer la donne. Imaginez qu’on puisse trouver oĂč ils se planquent grĂące Ă  ça. » Je me tournais vers LĂ©once qui montrait un air amusĂ©. LĂ©once DĂ©solĂ©, mais on sait dĂ©jĂ  oĂč ils se planquent. » EllĂ©bore fixait LĂ©once en silence, comme s’il venait de faire une blague. Mais aprĂšs avoir croisĂ© mon regard, elle finit par rĂ©aliser. EllĂ©bore V-vous n’ĂȘtes pas sĂ©rieux ?! » Sa stupĂ©faction fut accueillie par des rires triomphaux. LucĂ©ard Il dit vrai. Enfin, j’espĂšre
 » EllĂ©bore Mais alors, qu’est-ce que tu attends LucĂ©ard ?? Vu les faits reprochĂ©s Ă  ce groupe, il serait mĂȘme lĂ©gitime d’envoyer tout de suite l’armĂ©e royale ! Tu es sĂ»r de pouvoir en finir avec eux une bonne fois pour toute ! S’ils changent de base aprĂšs ça, il sera trop tard ! » LĂ©once hochait la tĂȘte en me dĂ©visageant. Nous avions dĂ©jĂ  eu cette discussion tous les deux, mais la façon dont EllĂ©bore prĂ©sentait les choses remettait en doute ma logique. LucĂ©ard Je sais tout ça, crois-moi. C’est vrai que ça m’arrange de ne pas user de mon statut de prince pour les combattre, parce que je considĂšre ça comme une affaire personnelle. Mais j’ai quand mĂȘme de bonnes raisons de penser qu’il faille attendre avant de tenter quoi que ce soit. » AprĂšs cette concession, mes deux amis Ă©taient tout ouĂŻe. LucĂ©ard PremiĂšrement, je ne sais pas en qui je peux avoir confiance. Tout laisse penser que Musmak, et certainement les autres empereurs, ont des relations dans la noblesse. Comme tu le sais, cela expliquerait Ă©normĂ©ment de choses. Mais il n’y a pas que ça. Je n’ai pas envie d’impliquer qui que ce soit dans cette affaire. MĂȘme les meilleurs mages de la Cour. Si on a pu obtenir la position de leur repaire, on peut aussi penser qu’ils ont assez confiance en leur capacitĂ© Ă  exterminer les intrus. » LĂ©once C’est un risque, c’est sĂ»r
 Mais on parle de la crĂšme de la crĂšme. Les combattants au service du roi n’ont aucune chance de se faire vaincre par des hors-la-loi, aussi rĂ©calcitrants soient-ils. » EllĂ©bore Je suis d’accord avec LĂ©once. Si on s’adresse aux bonnes personnes, ils pourront facilement s’introduire dans la base de Musmak et mettre tout son groupe hors d’état de nuire. » J’avais bien Ă©videmment dĂ©jĂ  pensĂ© Ă  tout ça, et je comprenais qu’ils trouvent mon raisonnement Ă©trange, nĂ©anmoins
 LucĂ©ard Il y a encore autre chose
 » Le silence se fit dans la Cabalys. LucĂ©ard Je suis persuadĂ© qu’ils sont impliquĂ©s dans l’assassinat de ma mĂšre. Je suis persuadĂ© qu’elle Ă©tait au courant depuis bien longtemps de leurs agissements. Et jamais elle n’en a parlĂ© Ă  qui que ce soit. Ce n’est qu’une supposition, mais, si ma mĂšre avait une bonne raison de garder toute cette histoire pour elle, j’ai peut-ĂȘtre intĂ©rĂȘt Ă  en faire tout autant. » LĂ©once n’avait pas entendu cette explication lui non plus. Il faut dire que sur le coup, je n’avais pas su mettre de mots sur la raison qui m’avait poussĂ© Ă  prendre cette dĂ©cision. EllĂ©bore Je vois
 Ce n’est pas bĂȘte du tout
 » Nous Ă©tions tous les trois pensifs. EllĂ©bore Peut-ĂȘtre qu’il faudrait malgrĂ© tout agir au plus tĂŽt. Ils ont l’air de manigancer quelque chose depuis longtemps. S’ils n’ont pas encore atteint leur objectif, rien ne dit que cela va s’éterniser. » Si j’étais assez fort pour m’y rendre moi-mĂȘme, la question ne se poserait pas
 Mais je progresse si lentement
 Et pendant tout ce temps oĂč je stagne, eux continuent leurs incessantes tueries. LĂ©once C’est quoi cette grimace ? DĂ©tends-toi un peu, LucĂ©ard ! » Affirma t-il, lui mĂȘme Ă  moitiĂ© avachi sur son siĂšge, les mains derriĂšre la tĂȘte. LucĂ©ard Tu devrais peut-ĂȘtre te dĂ©tendre un peu moins, toi. » LĂ©once Je suis clairement moins au courant que vous deux, mais y a quand mĂȘme deux ou trois trucs qui me paraissent clairs. Voir ta famille, en apprendre davantage sur notre ennemi, et affĂ»ter tes compĂ©tences en allant je-ne-sais-oĂč, c’est la meilleure marche Ă  suivre. Ce n’est pas parce que c’est urgent qu’il faut se prĂ©cipiter. Tu n’as pas de raison de te mettre la rate au court-bouillon alors que tu es sur la bonne voie. » Je rĂȘve oĂč il vient de lire dans mes pensĂ©es ? Il croisa les jambes pour conclure son intervention. EllĂ©bore acquiesçait Ă©nergiquement de la tĂȘte. EllĂ©bore LĂ©once a rudement raison. Et puis, c’est super excitant comme voyage ! Je n’ai encore jamais vu la mer de ma vie ! » LĂ©once Il y a la mer lĂ -bas ?!!! » S’écria LĂ©once Ă  notre grande surprise. De lourds regards moqueurs s’abattaient Ă  prĂ©sent sur lui. LĂ©once Qu’est-ce qu’y a ?! » Le voir s’énerver nous amusa davantage. LucĂ©ard Quel genre de port est Port-VespĂšre Ă  ton avis, petit gĂ©nie ? » LĂ©once Oh, c’est bon, j’avais pas fait le rapprochement, pas la peine de me prendre de haut ! » EllĂ©bore tentait de calmer le fils du jardinier, ne devinant pas qu’il n’était pas rĂ©ellement Ă©nervĂ©. N’osant pas le railler plus que de mesure, de peur d’ĂȘtre trop familiĂšre, elle dĂ©cida de changer de sujet. EllĂ©bore Cette route me rappellera toujours notre premier voyage en carrosse tous les deux, LucĂ©ard. » À t’entendre, on dirait presque que ce souvenir n’est pas source de traumatisme. LucĂ©ard Par tous les deux, tu veux dire Dirgel, toi, et moi
 ? » Soupirai-je. Ma remarque l’avait faite rire, mais une ambiance lĂ©gĂšrement glauque venait de s’installer. EllĂ©bore Haha
 Oui
 Ce Dirgel, je ne suis pas prĂšs de l’oublier non plus. Je n’ai pas rencontrĂ© beaucoup de personnes plus terrifiantes que lui dans ma courte vie. » Je laissais tomber ma tĂȘte sur le cĂŽtĂ©, curieux. LucĂ©ard Tu veux dire que tu as rencontrĂ© plus terrifiant ? » Alors qu’elle tentait d’accĂ©der Ă  sa mĂ©moire, elle se retrouva face Ă  un cul-de-sac. EllĂ©bore Euh
 » Voyant qu’elle n’arrivait pas Ă  faire ressurgir une certaine rĂ©miniscence, LĂ©once en profita pour rĂ©agir. LĂ©once Oh allez, vous faites pas prier, racontez-moi ! » LucĂ©ard Pour rĂ©sumer, un type extrĂȘmement patibulaire est rentrĂ© dans notre carrosse sans qu’on s’en rende compte et nous a posĂ© des devinettes, avant de disparaĂźtre dans la nature, en nous laissant encerclĂ©s par des bandits de grand chemin. » LĂ©once Ah ouais, rien que ça. Jamais entendu une histoire pareille. » EllĂ©bore Encore faut-il avoir l’occasion de la raconter. Si c’est arrivĂ© Ă  d’autres personnes, rien ne dit qu’ils s’en sont sortis aussi bien
 » Je soupirai encore. Des dĂ©tails que je croyais oubliĂ©s venaient de me revenir en tĂȘte. LucĂ©ard Heureusement, on peut espĂ©rer qu’un jour les voyages se feront par tĂ©lĂ©portation. » LĂ©once C’est possible ça ? » Je me frottais le menton. LucĂ©ard Il y a bien certaines personnes qui maĂźtrisent ce type de magie, donc pourquoi pas ? » EllĂ©bore riait discrĂštement, attirant notre attention. EllĂ©bore Ça doit ĂȘtre pratique quand mĂȘme. Plus encore que beaucoup d’autres magies. On raconte que le hĂ©ros de la lĂ©gende l’utilisait Ă  tort et Ă  travers pour toutes sortes de choses. » LĂ©once souriait en coin. LĂ©once Oui, enfin, ceux qui ont se pouvoir ont souvent des dĂ©boires avec la Justice. Il faut dire qu’ils peuvent s’introduire partout, et qu’ils ne peuvent ni ĂȘtre arrĂȘtĂ©s, ni incarcĂ©rĂ©s sans contre-magie. » LucĂ©ard Je remarque d’ailleurs qu’on entend beaucoup moins parler d’affaires de ce genre depuis quelques annĂ©es. Quoi qu’il en soit, ça dĂ©pend du type de magie employĂ©. Mais si les voyages par tĂ©lĂ©portation peuvent se faire, ce sera avec des portails, je pense. » EllĂ©bore C’est typiquement une magie hĂ©rĂ©ditaire, ça, non ? » LucĂ©ard Oui, et ça arrangerait pas mal de familles d’en faire tout un commerce. On pense qu’en utilisant des fibres de Thornecelia, on pourrait installer des portails durablement dans certains relais. » EllĂ©bore Si ça marchait, on pourrait faire le tour du royaume en un clin d’Ɠil ! » LĂ©once Pas sĂ»r que ce soit une bonne chose, ceci dit. Les choses sont peut-ĂȘtre mieux ainsi, non ? Si ça existait vraiment, ça tuerait pas mal de professions, et des personnes mal intentionnĂ©es pourraient en profiter. » EllĂ©bore Tu marques un point. Surtout que ce n’est pas sans risque non plus de traverser des portails de tĂ©lĂ©portation, enfin, je pense
 » LucĂ©ard Allez savoir. » LĂ©once Au moins, quand on est pauvre, on sait d’avance qu’on ne pourra pas quitter le comtĂ©. C’est une premiĂšre pour moi, d’ailleurs. » EllĂ©bore Ah, moi aussi ! Enfin, presque ! Mais sortir du duchĂ© de LucĂ©cie, c’est une vraie premiĂšre ! » LĂ©once Hmm, en vĂ©ritĂ©, y a une fois oĂč j’étais techniquement plus dans le duché  » EllĂ©bore C’est quand mĂȘme un privilĂšge de pouvoir aller aussi loin ! » LĂ©once Oui, c’est sĂ»r. Certains ne savent pas la chance qu’ils ont. » Mes deux compagnons de route me lançaient un regard profond. Pourquoi j’ai l’impression de passer pour le mĂ©chant d’un coup ? LucĂ©ard Vous allez passer votre premiĂšre nuit dans un relais alors ! » EllĂ©bore Oh oui, j’ai hĂąte ! » LĂ©once J’espĂšre qu’on fera quand mĂȘme d’autres petits arrĂȘts ! » EllĂ©bore Ah ! Rien que de penser que l’endroit oĂč on mangera ce midi est loin de tout ce que j’ai dĂ©jĂ  pu voir, c’est grisant ! » LĂ©once Tu l’as dit ! J’espĂšre qu’on pourra un peu se balader ! » EllĂ©bore Ce serait rudement bien ! » On dirait bien qu’une nouvelle amitiĂ© vient de naĂźtre. J’étais plutĂŽt satisfait de voir que ces deux-lĂ  s’entendaient bien. Et c’est sur cette note positive que commença ce long voyage. Nous partions tous les trois vers le Sud pour une aventure que l’on pourra au moins qualifier d’inoubliable. Top Albums TrackMusikRadio TrackMusik HomeNewsRap FRHip-Hop/Rap USR&B/SoulVariĂ©tĂ©Pop/RockÉlectroAlternativeTOP MP3Top iTunes UZI - Meilleur qu'hierBigflo & Oli - Les autres c’est nousGazo - KMTDJ Hamida - A la bien summer editionNaza - Big DaddyJul - ExtraterrestreA B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z Bijou - Rohff feat. Awa Imani Rohff - Le Rohff Game [2015] Afficher les Paroles Paroles de Bijou - Rohff feat. Awa Imani[Couplet 1 - Rohff] La brebis n'est pas galeuse, le loup est trop busy La go a l'cƓur sur la main, le gros a main sur le Uzi La vengeance s'mange froide comme ces plats qu'elle me cuisine Elle et moi c'est comme Cendrillon dans les bras de Jacques Mesrine La vie je l'aime belle et sans fond d'teint J'suis pas un saint et je m'appelle pas Valentin J'suis pas ce vieux gars qui aime tout raconter C'n'est pas le type de relations escomptĂ© Mais sur moi tu peux compter, tu veux me quitter ? Avion d'chasse de perdu, dix de pilotĂ©s Trop d'touches noires et blanches Ă  pianoter Tu rĂȘves d'contes de fĂ©e, j'suis en club, fuck DorothĂ©e Ta main diamantĂ©e pour t'avoir fait poireauter [Refrain - Awa Imani] Tes bijoux ne comblent pas tes absences toute la night Oh yeah Un bisou ne couvre pas tes disquettes toute la night Oh yeah Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je m'en aille ? Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je, faut-il que je m'en aille ? [Couplet 2 - Rohff] Si j'te rends folle, ton amour m'Ă©touffe T'es toujours d'mauvais poil, j'en ai toute une touffe Dois-je culpabiliser quand tu souffres ? Fais doucement, l'amour un sentiment que je dĂ©couvre Yeah lil mama, t'repose pas sur tes acquis Tu sais pourquoi elles font du squat et se maquillent ArrĂȘte tes bad trip quand j'n'ai plus de batterie Comme Gilbert MontagniĂ©, on va s'aimer, mais en psychiatrie Tu peux m'faire fiance-con, mais je n'te dirai pas tout Pourquoi ĂȘtre polygame si t'es bonne de partout ? J'sais c'que tu m'caches au fond, j'ai touchĂ© le bout Porte cette parure, que j'fasse briller ton cou [Refrain - Awa Imani] Tes bijoux ne comblent pas tes absences toute la night Oh yeah Un bisou ne couvre pas tes disquettes toute la night Oh yeah Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je m'en aille ? Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je, faut-il que je m'en aille ? [Couplet 3 - Rohff] Trop de fiertĂ© entre nous, t'es une belle fille Baby girl, j'ai du goĂ»t, j'aime la belle vie On peut ĂȘtre simple, mĂȘme en Ferrari J'accĂ©lĂšre Tes pines-co me boycottent parce qu'elles t'envient Elles courent aprĂšs les stars, j'marche sur leur piĂ©destal Si j'te fais enfant, ton bide prendra la forme d'une Ă©toile On crĂšve l'Ă©cran, elle et lui crĂšvent la dalle J't'envoie des fleurs tant qu'tu n'en perds pas les pĂ©tales J'suis qu'un homme, te prend pas la tĂȘte, kiffe Eau turquoise, bengalo, voyage jet priva' Y'a pas photo, j'tiens Ă  recadrer mon objectif Pour te tirer vers le haut, j'dois bosser, ĂȘtre productif [Refrain - Awa Imani] Tes bijoux ne comblent pas tes absences toute la night Oh yeah Un bisou ne couvre pas tes disquettes toute la night Oh yeah Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je m'en aille ? Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je, faut-il que je m'en aille ? [Outro - Awa Imani] AllĂŽ allĂŽ allĂŽ, oĂč sont les mecs bien ? AllĂŽ allĂŽ allĂŽ, oĂč sont les mecs bien ? AllĂŽ allĂŽ allĂŽ, oĂč sont les mecs bien ? AllĂŽ allĂŽ allĂŽ... Oup's... Une erreur est survenue !Impossible de charger le player musique... Si vous utilisez un bloqueur de publicitĂ©s, merci d'essayer de recharger la page aprĂšs l'avoir PLAYER0023 Musiques populaires de Rohff Paroles de la musique Bijou - Rohff feat. Awa Imani [Couplet 1 - Rohff] La brebis n'est pas galeuse, le loup est trop busy La go a l'cƓur sur la main, le gros a main sur le Uzi La vengeance s'mange froide comme ces plats qu'elle me cuisine Elle et moi c'est comme Cendrillon dans les bras de Jacques Mesrine La vie je l'aime belle et sans fond d'teint J'suis pas un saint et je m'appelle pas Valentin J'suis pas ce vieux gars qui aime tout raconter C'n'est pas le type de relations escomptĂ© Mais sur moi tu peux compter, tu veux me quitter ? Avion d'chasse de perdu, dix de pilotĂ©s Trop d'touches noires et blanches Ă  pianoter Tu rĂȘves d'contes de fĂ©e, j'suis en club, fuck DorothĂ©e Ta main diamantĂ©e pour t'avoir fait poireauter [Refrain - Awa Imani] Tes bijoux ne comblent pas tes absences toute la night Oh yeah Un bisou ne couvre pas tes disquettes toute la night Oh yeah Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je m'en aille ? Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je, faut-il que je m'en aille ? [Couplet 2 - Rohff] Si j'te rends folle, ton amour m'Ă©touffe T'es toujours d'mauvais poil, j'en ai toute une touffe Dois-je culpabiliser quand tu souffres ? Fais doucement, l'amour un sentiment que je dĂ©couvre Yeah lil mama, t'repose pas sur tes acquis Tu sais pourquoi elles font du squat et se maquillent ArrĂȘte tes bad trip quand j'n'ai plus de batterie Comme Gilbert MontagniĂ©, on va s'aimer, mais en psychiatrie Tu peux m'faire fiance-con, mais je n'te dirai pas tout Pourquoi ĂȘtre polygame si t'es bonne de partout ? J'sais c'que tu m'caches au fond, j'ai touchĂ© le bout Porte cette parure, que j'fasse briller ton cou [Refrain - Awa Imani] Tes bijoux ne comblent pas tes absences toute la night Oh yeah Un bisou ne couvre pas tes disquettes toute la night Oh yeah Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je m'en aille ? Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je, faut-il que je m'en aille ? [Couplet 3 - Rohff] Trop de fiertĂ© entre nous, t'es une belle fille Baby girl, j'ai du goĂ»t, j'aime la belle vie On peut ĂȘtre simple, mĂȘme en Ferrari J'accĂ©lĂšre Tes pines-co me boycottent parce qu'elles t'envient Elles courent aprĂšs les stars, j'marche sur leur piĂ©destal Si j'te fais enfant, ton bide prendra la forme d'une Ă©toile On crĂšve l'Ă©cran, elle et lui crĂšvent la dalle J't'envoie des fleurs tant qu'tu n'en perds pas les pĂ©tales J'suis qu'un homme, te prend pas la tĂȘte, kiffe Eau turquoise, bengalo, voyage jet priva' Y'a pas photo, j'tiens Ă  recadrer mon objectif Pour te tirer vers le haut, j'dois bosser, ĂȘtre productif [Refrain - Awa Imani] Tes bijoux ne comblent pas tes absences toute la night Oh yeah Un bisou ne couvre pas tes disquettes toute la night Oh yeah Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je m'en aille ? Faut-il que tu t'en ailles ? Faut-il que je, faut-il que je m'en aille ? [Outro - Awa Imani] AllĂŽ allĂŽ allĂŽ, oĂč sont les mecs bien ? AllĂŽ allĂŽ allĂŽ, oĂč sont les mecs bien ? AllĂŽ allĂŽ allĂŽ, oĂč sont les mecs bien ? AllĂŽ allĂŽ allĂŽ...Tracklist de Le Rohff GameEcoutez gratuitement et tĂ©lĂ©chargez Bijou - Rohff feat. Awa Imani extrait de Le Rohff Game [2015]. Partagez et commentez ! Pour tĂ©lĂ©charger "Bijou - Rohff feat. Awa Imani", cliquez sur l'icone du store de votre choix. UZI - Meilleur qu'hierBigflo & Oli - Les autres c’est nousGazo - KMTDJ Hamida - A la bien summer editionNaza - Big DaddyJul - Extraterrestre menu mobile HomeNewsRap FRHip-Hop/Rap USR&B/SoulVariĂ©tĂ©Pop/RockÉlectroAlternativeTOP MP3Top iTunesTop iTunes Rap/Hip-HopTop iTunes R&B/SoulTop iTunes VariĂ©tĂ©Top iTunes Pop/RockTop iTunes ElectroTop iTunes Singles × ï»żRussia is waging a disgraceful war on Ukraine. Russia is waging a disgraceful war on Ukraine. Stand With Ukraine! Artiste Graeme Allwright Album Graeme Allwright Traductions anglais français français Il faut que je m'en aille ✕ Le temps est loin de nos vingt ans Des coups de poings, des coups de sang Mais qu'Ă  c'la n'tienne c'est pas fini On peut chanter quand le verre est bien rempli[Refrain] Buvons encore une derniĂšre fois À l'amitiĂ©, l'amour, la joie On a fĂȘtĂ© nos retrouvailles Ça m'fait d'la peine, mais il faut que je m'en ailleEt souviens-toi de cet Ă©tĂ© La premiĂšre fois qu'on s'est saoulĂ© Tu m'as ramenĂ© Ă  la maison En chantant, on marchait Ă  reculonsJe suis parti changer d'Ă©toile Sur un navire, j'ai mis la voile Pour n'ĂȘtre plus qu'un Ă©tranger Ne sachant plus trĂšs bien oĂč il allaitJ't'ai racontĂ© mon mariage À la mairie d'un p'tit village Je rigolais dans mon plastron Quand le maire essayait d'prononcer mon nomJ'n'ai pas Ă©crit toutes ces annĂ©es Et toi aussi, t'es mariĂ©e T'as trois enfants Ă  faire manger Mais j'en ai cinq, si ça peut te consoler ✕DerniĂšre modification par Valeriu Raut Mar, 29/06/2021 - 1851 Droits d’auteur Writers Graeme AllwrightLyrics powered by by Ajouter une nouvelle traduction Ajouter une nouvelle demande Traductions de Il faut que je m'en ... » Music Tales Read about music throughout history

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